Saturday, July 5, 2014

Beaucoup de soucis et de questions ...


Salut tout le monde !  Je m'excuses de ne pas avoir écrit depuis les derniers jours ... Les journées se sont avérées bien occupées, et je tombais en général endormie dès le soir venu.  Il faut dire que nous sommes en plein hiver ici, non seulement il fait froid, mais le temps d'ensoleillement est court, le soleil se couche à 6PM.  Tout ça est propice à se coucher tôt !
Température ressentie 6 ce matin.  J'aurais jamais cru que l'Afrique pouvait être aussi fraiche !
 
Vue de mon balcon entre deux averses.
 

MERCREDI matin nous avons apprit la triste nouvelle qu'un feu avait ravagé une dizaine de maisonnettes de Imizamo Yethu pendant la nuit, mettant ses familles à la porte et tuant un adulte.  Nous nous sommes rendus sur les lieux de l'incendie, qui fumait encore, avec Kenny, l'un des principaux leaders de bidonville.  Des gens tout noircis de cendres s'affairaient à trier les débris: ce qui peut être réutilisé versus ce qui est trop brulé.  Sur la route, les gens passaient et regardaient, échangeaient entre eux sur ce qui se s'était passé.  L'histoire est que un résident s'est endormit avec quelque chose sur le feux...  Et pendant que mon cœur était si triste de constater les dégâts cette stupide maladresse, les gens autour eux riaient et plaisantaient...  Un mécanisme de protection ?  Ou sont-ils juste blasés de ce genre d'événement qui est fréquent ?

Pendant la journée de MERCREDI ainsi que JEUDI, nous avons continué à visiter les environs de Hout Bay pour tenter de comprendre mieux leur système de santé.  Hout Bay est une région de Cape Tow logée entre montagnes et une  magnifique baie (océan Atlantique) du même nom.  Océan, surf, port, restaurant de poissons, riches appartements (comme celui ou je vis) ... et aussi bidonvilles.  Imizamo Yethu , que je vous ai présenté dernièrement, est l'un d'entre eux et est le principal bénéficiaire de l'ONG pour laquelle je travaille..  Nous avons rencontré infirmière à la retraite, LIZ, qui s'implique volontairement dans le Hout Bay Community Healt Forum.  Elle nous a expliqué les enjeux de la région, et nous a gentiment guidés vers certaines organisations qui pourraient avoir besoin de notre aide.

Le système de santé en Afrique du Sud est un mélange de privé et public.  Seuls les bien nantis peuvent se permettre d'avoir une assurance qui couvre leur dépenses au privé.  Les autres doivent utiliser le système public qui, à ce que je comprends, est insuffisant pour répondre à la demande, ainsi que désorganisé, quoi que gratuit.  Dans la région, les enjeux de santé sont: les haut taux de VIH ainsi que le tuberculose (les deux maladies cohabitent souvent), les MTS, le diabète type 2, l'alcoolisme,  les grossesses non désirées ainsi que les grossesses chez les adolescences, le viol et autres abus.  Les maladies/détresses mentales sont peu comprises et il n'y a aucun centre d'expertise en psychiatrie dans la région.  A écouter LIZ parler, je comprends que non seulement les moyens financiers et matériels sont insuffisant, mais surtout que les leaders et l'organisation manquent cruellement.

D'après mes observations des derniers jours, il y a tellement à faire pour la santé des résidents des bidonvilles que la tâche semble impossible.  Comment enseigner le lavage des mains quand il n'y pas d'accès à l'eau courante dans les maisons  ?  Comment enseigner l'hygiène buccale quand les gens n'ont pas assez d'argent pour s'acheter une brosse à dent ?  Comment enseigner une nutrition équilibrée quand la nourriture santé coute deux fois plus cher que les croustilles, le pain blanc, et les snacks pauvres en énergie ?  Dans ce sens, la santé commence avec la sécurité financière, mais la securité financière commence aussi avec la santé.  Comment les enfants peuvent ils étudier et se concentrer à l'école s'ils sont malades ?  Et comment les adultes peuvent travailler ?  Et si les gens sont peu éduqués, comment peuvent-ils comprendre les principes de bases de la santé ?  C'est comme si la pauvreté et la maladie était reliées dans un cercle vicieux.  En tant qu'infirmière et qu'étudiante en relations internationales, je me retrouve prise dans ce dilemme et j'avoues que je n'ai pas encore compris ce que devrait êre les priorités.  Malheureusement, ni l'organisation pour laquelle je travaille ni les gens qui en font parti ne semblent vouloir discuter de ces questions ...   Ils semblent tous être TRÈS positifs et enthousiastes, tandis que moi je suis plutôt soucieuse et troublée par ces questions sans réponses ... 
Je n'ose pas prendre des photos dans le bidonville, mais voici une photo trouvée sur internet qui décrit très bien ce que l'on y voit.  Je passe par cette rue chaque jour.
 
Ce matin j'ai visité une clinique avec Liz, c'était la journée de la santé des hommes.  Il y avait des kiosques de tout genre pour informer les hommes de leur santé: dépistage de MTS, de cancer de la prostate, condoms gratuits, groupe de soutient, et massage de main, etc !  La dame avec les cheveux blonds qui se fait masser est Liz.
 
 
 

Nous semblons avoir trouver quelques tâches intéressantes pour la semaine prochaine, je vous en reparle quand nous aurons commencé.

VENDREDI, nous avons eu un magnifique tour guidé à travers la ville de Cape Town avec Mme.  Campbell, une activiste locale qui s'intéresse au passé d'esclavage sur la péninsule.  Elle croit que le passé doit être révélé librement et discuté pour que la mémoire des gens guérisse.  L'histoire des esclaves en Afrique du Sud n'a pas pu être discuté librement pendant l'Apartheid, et maintenant encore trop peu est exposé selon elle.  Nous avons visité le Castle of Good Hope qui a été construit par la compagnie Hollandaise VOC (Dutch East Indian Company) au 17ième siècle.  En accord avec la thématique, nous avons visité les lieux du fort comme la salle de torture des esclaves ou les prisons.  Nous avons aussi visité une maison typique de l'époque, laKoopmans de Wet House, et Mme Campbell nous a expliqué comment les pièce étaient construites pour que les maitres gardent toujours un œil sur les esclaves/domestiques.  Finalement, nous avons arrêté dans le Slave Lodge, qui a été le centre de vente des esclaves à l'époque, et qui est maintenant changé en musée d'histoire.  L'esclavage fut décidément une horrible pratique dans l'histoire du colonialisme et j'ai beaucoup apprécié cette visite guidée spéciale. 
Panorama de l'intérieur du Castle of Good Hope.
 
Lucie, notre guide pour la journée !
 
Collin, aussi notre guide, qui est musicien.
 
 
Et maintenant quelques photos de downtown Cape Town:
 

 
 
 

Mon groupe et moi avons finis la soirée au Hout Bay Market, dont je vous ai parlé la semaine dernière.  L'ambiance était festive et fut un baume sur le cœur avec avoir chiqué tous ses misères humaines pendant la semaine ! 

Saucisson d'antilope et bière locale (Castle) !


Bon week-end à tous !  Je vous aime, même de loin !




1 comment:

  1. Toujours intéressant de te lire et de voir des photographies de la place. Bon courage, ma belle !

    papa

    xxx

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