Salut tout le
monde ! Je m'excuses de ne pas avoir
écrit depuis les derniers jours ... Les journées se sont avérées bien occupées,
et je tombais en général endormie dès le soir venu. Il faut dire que nous sommes en plein hiver
ici, non seulement il fait froid, mais le temps d'ensoleillement est court, le
soleil se couche à 6PM. Tout ça est
propice à se coucher tôt !
Température ressentie 6 ce matin. J'aurais jamais cru que l'Afrique pouvait être aussi fraiche !
Vue de mon balcon entre deux averses.
MERCREDI matin
nous avons apprit la triste nouvelle qu'un feu avait ravagé une dizaine de maisonnettes
de Imizamo Yethu pendant la nuit, mettant ses familles à la porte et tuant un
adulte. Nous nous sommes rendus sur les
lieux de l'incendie, qui fumait encore, avec Kenny, l'un des principaux leaders
de bidonville. Des gens tout noircis de
cendres s'affairaient à trier les débris: ce qui peut être réutilisé versus ce
qui est trop brulé. Sur la route, les
gens passaient et regardaient, échangeaient entre eux sur ce qui se s'était
passé. L'histoire est que un résident
s'est endormit avec quelque chose sur le feux... Et pendant que mon cœur était si triste de
constater les dégâts cette stupide maladresse, les gens autour eux riaient et plaisantaient... Un mécanisme de protection ? Ou sont-ils juste blasés de ce genre d'événement
qui est fréquent ?
Pendant la
journée de MERCREDI ainsi que JEUDI, nous avons continué à visiter les environs
de Hout Bay pour tenter de comprendre mieux leur système de santé. Hout Bay est une région de Cape Tow logée
entre montagnes et une magnifique baie
(océan Atlantique) du même nom. Océan,
surf, port, restaurant de poissons, riches appartements (comme celui ou je vis)
... et aussi bidonvilles. Imizamo Yethu , que je vous ai
présenté dernièrement, est l'un d'entre eux et est le principal bénéficiaire de
l'ONG pour laquelle je travaille.. Nous avons rencontré infirmière à la retraite, LIZ,
qui s'implique volontairement dans le Hout Bay Community Healt Forum. Elle nous a expliqué les enjeux de la région,
et nous a gentiment guidés vers certaines organisations qui pourraient avoir
besoin de notre aide.
Le système de
santé en Afrique du Sud est un mélange de privé et public. Seuls les bien nantis peuvent se permettre
d'avoir une assurance qui couvre leur dépenses au privé. Les autres doivent utiliser le système public
qui, à ce que je comprends, est insuffisant pour répondre à la demande, ainsi
que désorganisé, quoi que gratuit. Dans
la région, les enjeux de santé sont: les haut taux de VIH ainsi que le
tuberculose (les deux maladies cohabitent souvent), les MTS, le diabète type 2,
l'alcoolisme, les grossesses non
désirées ainsi que les grossesses chez les adolescences, le viol et autres
abus. Les maladies/détresses mentales
sont peu comprises et il n'y a aucun centre d'expertise en psychiatrie dans la
région. A écouter LIZ parler, je
comprends que non seulement les moyens financiers et matériels sont
insuffisant, mais surtout que les leaders et l'organisation manquent cruellement.
D'après mes observations
des derniers jours, il y a tellement à faire pour la santé des résidents des
bidonvilles que la tâche semble impossible.
Comment enseigner le lavage des mains quand il n'y pas d'accès à l'eau
courante dans les maisons ? Comment enseigner l'hygiène buccale quand les
gens n'ont pas assez d'argent pour s'acheter une brosse à dent ? Comment enseigner une nutrition équilibrée
quand la nourriture santé coute deux fois plus cher que les croustilles, le
pain blanc, et les snacks pauvres en énergie ?
Dans ce sens, la santé commence avec la sécurité financière, mais la
securité financière commence aussi avec la santé. Comment les enfants peuvent ils étudier et se
concentrer à l'école s'ils sont malades ?
Et comment les adultes peuvent travailler ? Et si les gens sont peu éduqués, comment
peuvent-ils comprendre les principes de bases de la santé ? C'est comme si la pauvreté et la maladie
était reliées dans un cercle vicieux. En
tant qu'infirmière et qu'étudiante en relations internationales, je me retrouve
prise dans ce dilemme et j'avoues que je n'ai pas encore compris ce que devrait
êre les priorités. Malheureusement, ni l'organisation
pour laquelle je travaille ni les gens qui en font parti ne semblent vouloir discuter
de ces questions ... Ils semblent tous
être TRÈS positifs et enthousiastes, tandis que moi je suis plutôt soucieuse et
troublée par ces questions sans réponses ...
Je n'ose pas prendre des photos dans le bidonville, mais voici une photo trouvée sur internet qui décrit très bien ce que l'on y voit. Je passe par cette rue chaque jour.
Ce matin j'ai visité une clinique avec Liz, c'était la journée de la santé des hommes. Il y avait des kiosques de tout genre pour informer les hommes de leur santé: dépistage de MTS, de cancer de la prostate, condoms gratuits, groupe de soutient, et massage de main, etc ! La dame avec les cheveux blonds qui se fait masser est Liz.
Nous semblons
avoir trouver quelques tâches intéressantes pour la semaine prochaine, je vous
en reparle quand nous aurons commencé.
VENDREDI, nous
avons eu un magnifique tour guidé à travers la ville de Cape Town avec
Mme. Campbell, une activiste locale qui
s'intéresse au passé d'esclavage sur la péninsule. Elle croit que le passé doit être révélé librement
et discuté pour que la mémoire des gens guérisse. L'histoire des esclaves en Afrique du Sud n'a
pas pu être discuté librement pendant l'Apartheid, et maintenant encore trop
peu est exposé selon elle. Nous avons
visité le Castle of Good Hope qui a été construit par la compagnie Hollandaise
VOC (Dutch East Indian Company) au 17ième siècle. En accord avec la thématique, nous avons
visité les lieux du fort comme la salle de torture des esclaves ou les
prisons. Nous avons aussi visité une
maison typique de l'époque, laKoopmans de Wet House, et Mme Campbell nous a
expliqué comment les pièce étaient construites pour que les maitres gardent
toujours un œil sur les esclaves/domestiques.
Finalement, nous avons arrêté dans le Slave Lodge, qui a été le centre
de vente des esclaves à l'époque, et qui est maintenant changé en musée
d'histoire. L'esclavage fut décidément
une horrible pratique dans l'histoire du colonialisme et j'ai beaucoup apprécié
cette visite guidée spéciale.
Panorama de l'intérieur du Castle of Good Hope.
Lucie, notre guide pour la journée !
Collin, aussi notre guide, qui est musicien.
Et maintenant quelques photos de downtown Cape Town:
Mon groupe et
moi avons finis la soirée au Hout Bay Market, dont je vous ai parlé la semaine
dernière. L'ambiance était festive et
fut un baume sur le cœur avec avoir chiqué tous ses misères humaines pendant la
semaine !
Saucisson d'antilope et bière locale (Castle) !
Bon week-end à
tous ! Je vous aime, même de loin !

Toujours intéressant de te lire et de voir des photographies de la place. Bon courage, ma belle !
ReplyDeletepapa
xxx